Observatoire du médicament, des dispositifs médicaux et de l'innovation thérapeutique

Actualités

Actualités Coronavirus [MAJ 08/04/2020]

Retrouvez les dernières informations et recommandations sur l’infection au nouveau coronavirus appelée COVID-19 (pour CoronaVIrus Disease). Le virus a d’abord été appelé 2019-nCoV puis officiellement SARS-Cov2.

coronavirus
Depuis l’émergence de cette nouvelle maladie en janvier 2020, nous sommes confrontés à une crise sanitaire majeure, dont l’ampleur, la cinétique, les impacts sur la vie économique et sociale de nos concitoyens sont sans précédent.

Les connaissances et recommandations évoluent très rapidement. Dans ce contexte, l'OMEDIT met à disposition les sites utiles relayant des informations fiables.

Chiffres et actualités

Le virus circule désormais de façon très active en région Pays de la Loire, certes moins touchés que d’autres territoires. Le 7 avril, dans la région Pays de la Loire, on dénombre 1494 cas confirmés par PCR, 694 hospitalisations en cours, 176 personnes en réanimation et 144 décès.

Surveillance en EHPAD et Etablissements Médicaux Sociaux : 758 résidents covid (possibles et confirmés), 473 professionnels covid (possibles et confirmés) et 38 résidents décédés.

Santé Publique France met en ligne en fin de journée les chiffres des cas de COVID et des décès en France, en Europe et dans le monde ici.
Santé publique France met aussi en ligne des cartes de l’épidémie de coronavirus ici.

L'ARS Pays de la Loire publie quotidiennement un point de situation pour la région Pays de la Loire ici.

Retrouvez les communiqués de presse sur le sujet de l'ARS Pays de la Loire ici.

Retrouvez les actualités de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur la maladie à coronavirus (COVID-19) ici.

Symptômes et modes de transmission

Les symptômes principaux du Coronavirus COVID-19 sont la fièvre ou la sensation de fièvre et des signes de difficultés respiratoires de type toux ou essoufflement : Fièvre (83 à 98%, température médiane = 37,75 à 38,3°C), toux (59 à 82%) habituellement sèche, dyspnée (31 à 55%), myalgies (11 à 44%), confusion (9%), céphalées (6 à 13%), maux de gorge (5 à 17%), rhinorrhée (4%), douleur thoracique (2%), diarrhée (3 à 10%), nausées vomissements (1 à 13%).
Dans 85% des cas, la maladie guérit avec du repos.

Perte du goût et de l'odorat :
Des cas d'anosmie (perte de l'odorat) brutale et complète sans obstruction nasale ont été décrit, avec disparition du goût. Elle peut être isolée ou avec des symptômes minimes. Il faut toujours chercher ce symptôme devant un patient suspect de Covid-19. Ne pas les traiter par corticoïdes inhalés ou per os, ni par lavages de nez (ils pourraient favoriser la dissémination virale).

Personnes âgées :
Au premier plan, des formes avec symptomatologie digestive, état confusionnel, initialement non fébriles sont décrites chez les personnes âgées : signes digestifs (notamment diarrhée), état confusionnel ou chutes, fébricule avec variations de température entre hyper et hypothermie.

Transmission :
La maladie se transmet par les postillons (éternuements, toux). On considère donc qu’un contact étroit avec une personne malade est nécessaire pour transmettre la maladie : même lieu de vie, contact direct à moins d’un mètre lors d’une toux, d’un éternuement ou une discussion en l’absence de mesures de protection. Un des vecteurs privilégiés de la transmission du virus est le contact des mains non lavées.

Délai d’incubation :
Le délai d’incubation (période entre la contamination et l’apparition des premiers symptômes) du coronavirus COVID-19 est de 3 à 5 jours en général, il peut toutefois s’étendre jusqu’à 14 jours. Pendant cette période, le sujet peut être contagieux : il peut être porteur du virus avant l’apparition des symptômes ou à l’apparition de signaux faibles.

Gestes "barrières"

Face au coronavirus, il existe des gestes simples pour préserver votre santé et celle de votre entourage : (informations à retrouver sur le site du gouvernement ici - sur le site de l'ARS Pays de la Loire ici ou sur le site de l'OMS ici)
  • Se laver les mains très régulièrement
  • Tousser ou éternuer dans son coude ou dans un mouchoir
  • Saluer sans se serrer la main, éviter les embrassades
  • Utiliser des mouchoirs à usage unique et les jeter
  • Eviter les rassemblements, limiter les déplacements et les contacts

Informations grand public

Le gouvernement répond à toutes les questions que vous vous posez sur le Coronavirus COVID-19 ici.

Retrouvez la page dédiée au Coronavirus COVID-19 du ministère des Solidarités et de la Santé ici.

L'institut pasteur propose aussi une page dédiée au Coronavirus COVID-19 ici.
Pour toute question sur le coronavirus un numéro vert ouvert 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 a été mis en place : 0 800 130 000 (informations ici).
Attention
, la plateforme téléphonique n’est pas habilitée à dispenser des conseils médicaux, si vous présentez des premiers signes d’infections respiratoires (fièvre ou sensation de fièvre, toux) restez chez vous et appelez votre médecin. Si les signes s’aggravent, appelez le 15 ou le 114 pour les personnes ayant des difficultés à parler ou entendre.

Arrêts de travail :
La délivrance d’arrêts de travail pour maintien à domicile de personnes dans le cadre de la lutte contre la propagation du coronavirus relève d’une procédure dérogatoire exceptionnelle. Désormais, elle se fait uniquement via le service en ligne dédié créé par l’Assurance maladie ici. Retrouvez plus d'informations sur les modalités de ces arrêtes de travail sur le site ameli ici.

Risques relatifs à l’auto-médication (AINS, corticoïdes…) et traitements habituels :
Le Réseau Français des Centres Régionaux de Pharmacovigilance et le département de Pharmacologie du CHU de Bordeaux ont réalisé un site afin de permettre aux patients d’obtenir une réponse claire sur les risques relatifs à l’auto-médication (AINS, corticoïdes…) et ses traitements habituels ici.

Cancers :
Vous pouvez retrouver les réponses à vos questions sur le site de l'INCA (Institut National du Cancer) ici.
Retrouvez les recommandations Unicancer relatives à l’infection COVID-19 chez les patients atteints de cancers ici.

Paracétamol :
- la posologie usuelle recommandée : 3 grammes par jour chez l’adulte sauf pour certaines populations particulières (Insuffisants rénaux sévères, hépatiques, alcoolisme, Poids < 50kg). La prise maximale est de 1 gramme par prise, avec minimum 6 heures entre chaque prise.
- Utilisé à bon escient, le paracétamol est un médicament sûr et efficace. En cas de surdosage, il peut entraîner des lésions graves du foie irréversibles.
- il est inutile et dangereux de faire des stocks.

Anti-inflammatoires (Ibuprofène, kétoprofène, corticoïdes...) :
La prise d'anti-inflammatoires pourrait être un facteur d'aggravation de l’infection. Il ne faut pas les prendre par vous-même, sauf s'ils vous ont été prescrits par un médecin. En cas de fièvre, prenez du paracétamol. N'arrêtez aucun de vos traitements habituels sans en discuter avec un médecin ou pharmacien. Retrouvez ici la fiche recommadations pour les patients atteints de maladie auto-immunes ou auto-inflammatoires de la FAI²R (filière de santé des maladies auto-immunes et auto-inflammatoires rares).

Kardégic (acide acétylsalicylique ou aspirine 75 mg) :
L'aspirine à dose anti agrégante n'est pas associée à ce risque d'aggravation de l’infection. N'arrêtez pas votre traitement.

Médicaments et COVID-19 :
Vous vous posez une question sur vos médicaments dans le cadre de l'épidémie COVID-19 ? Retrouvez les questions/réponses de la Société Française de Pharmacologie et de Thérapeutique, en partenariat avec le Réseau Français des Centres Régionaux de Pharmacovigilance , le Collège National des Enseignants de Thérapeutique et le Collège National de Pharmacologie Médicale ici.

Masques :
Les masques sont réservés en priorité aux professionnels de santé (hôpital et ville) et aux zones où le virus circule activement. Depuis le 4 mars 2020, les stocks de masques ont été réquisitionnés par le gouvernement : il est donc impossible de s'en approvisionner. Les masques sont réservés aux professionnels de santé et aux personnes malades sur prescription médicale. Leur vente est donc à l'heure actuelle interdite et toute personne en vendant le fait dans l'illégalité. Il s'agit probablement d'une arnaque ou d'un vol à des soignants : ne participez pas à ces réseaux !

Tests de diagnostic :
Une vidéo du Dr Corentin Lacroix (Whydoc) explique pourquoi les tests ne sont plus systématiques en cas de symptôme ici.

Coronavirus : Pourquoi il tue ?
Une vidéo du Dr Corentin Lacroix (Whydoc) explique pourquoi le nouveau coronavirus peut tuer ici.

Confinement

Le 16 mars 2020, afin de lutter contre l’épidémie de COVID-19, le Président de la République a décidé de prendre des mesures pour réduire les contacts et déplacements au strict minimum sur l’ensemble du territoire à compter du mardi 17 mars à 12h00, pour quinze jours minimum.

Celles-ci seront autorisées et uniquement à condition d'être munis d'une attestation pour :
- Déplacements pour effectuer des achats de fournitures nécessaires à l’activité professionnelle et des achats de première nécessité dans des établissements dont les activités demeurent autorisées.
- Consultations et soins ne pouvant être assurés à distance et ne pouvant être différés ; soin des patients atteints d'une affection de longue durée.
- Déplacements pour motif familial impérieux, pour l’assistance aux personnes vulnérables ou la garde d’enfants.
- Déplacements brefs, dans la limite d'une heure quotidienne et dans un rayon maximal d'un kilomètre autour du domicile, liés soit à l'activité physique individuelle des personnes (à l'exclusion de toute pratique sportive collective et de toute proximité avec d'autres personnes), soit à la promenade avec les seules personnes regroupées dans un même domicile, soit aux besoins des animaux de compagnie.
- Convocation judiciaire ou administrative.
- Participation à des missions d’intérêt général sur demande de l’autorité administrative

Don du sang
Les centres de collecte de sang sont considérés des lieux publics autorisés.
Continuez à donner votre sang, sauf si vous présentez des symptômes.

Informations :
Le gouvernement répond à toutes les questions que vous vous posez sur le Coronavirus COVID-19 ici.

Prise en charge ambulatoire

Retrouvez l’arbre décisionnel simplifié pour la prise en charge d’un patient COVID19 en ville ici. Retrouvez les lignes directrices pour la prise en charge des patients symptomatiques ici.

Retrouvez la page COVID-19 - prise en charge en ambulatoire du ministère des Solidarités et de la Santé ici.

Le CMG, en partenariat avec le ministère, a réalisé une page d’information à destination des médecins généralistes ici.

Antibioclic propose aussi un algorithme simplifié des recommandations liées au COVID 19 pour la prise en charge des patients en médecine générale ici.

Définition des personnes à risque :
Le Haut Comité de Santé Publique a établi une liste des personnes à risque de développer une forme grave d’infection à SARS-CoV-2 disponible ici.

Prise en charge générale

Le HCSP (Haut conseil de la santé publique) émet des recommandations relatives à la prise en charge des cas d’infection confirmées au virus SARS-CoV-2 ici.
Selon cet avis et malgré un niveau de preuve faible, l'utilisation de l'hydroxychloroquine peut être envisagée chez des patients hospitalisés présentant une forme sévère de COVID-19, sur décision médicale collégiale, dans la mesure du possible dans le cadre de la cohorte French COVID-19 pour enrichir les données pertinentes disponibles sur ce traitement. L'hydroxychloroquine n'est à ce jour pas recommandée en prophylaxie de COVID-19 et chez des patients pauci-symptomatiques ou présentant une infection respiratoire basse non compliquée.

Retrouvez les documents d'utilité opérationnelle sur le site Infectiologie.com ici.

Retrouvez le guide de préparation à la phase épidémique du ministère des Solidarités et de la Santé ici.

Retrouvez la fiche ARS : stratégie de prise en charge des personnes âgées en établissement et à domicile dans le cadre de la gestion de l'épidémie COVID19 ici.

De nombreux outils sont disponibles sur le site du COREB (Coordination Opérationnelle Risque Epidémique et Biologique) ici.

A l’intention des professionnels de santé, l’EHESP a réalisé des vidéos pédagogiques sur le virus COVID-19, les mesures de protection individuelles, la stratégie sanitaire ici.

Recommandations des sociétés savantes en lien avec le COVID19

Palliatifs :
La SFAP (Société Française d'Accompagnement et de soins Palliatifs) propose 3 fiches conseils pour les patients COVID+ :
- Consignes dyspnée et détresses respiratoires à domicile ou en EHPAD.
- Prise en charge palliative de la détresse respiratoire terminale.
- Prise en charge palliative de la dyspnée.
Tous les documents de la SFAP sont disponibles sur leur site ici.

Cancérologie :
La Société Française d’Hématologie a publié des propositions en lien avec le COVID-19 le 17 Mars 2020 : ici.
Le HCSP (Haut conseil de la santé publique) a publié des recommandations sur le COVID-19 et les tumeurs solides ici.
Retrouvez les recommandations de l'INCA (Institut National du Cancer) ici.

Cardiologie :
Déclaration de la Société Européenne d’Hypertension (ESH) sur l’hypertension, concernant les bloqueurs du système Rénine Angiotensine et la maladie COVID-19 causée par le coronavirus SARS-CoV-2 : ici.

Gynécologie :
Le CNGOF (Collège National des Gynécologues et obstétriciens Français) propose des recommandations concernant la prise en charge d’une femme enceinte suspectée ou infectée par le Covid-19 (17/03/2020) ici.
Le Réseau Sécurité Naissance propose un article dédié au COVID-19 qui regroupe toutes les informations utiles pour les femmes enceintes ici.

Anesthésie :
La SFAR (Société Française d'Anesthésie-Réanimation) propose plusieurs recommandations ici.
La SFAR propose des optimisation de l’utilisation des traitements et des alternatives en cas de tension d'approvisionnement ici.
La SRLF (Société de Réanimation de Langue Française) propose aussi des recommandations ici.

Infectiologie:
La Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française (SPILF), le Collège des Universitaires des Maladies Infectieuses et Tropicales (CMIT), le SNMI : Syndicat National des Médecins Infectiologues et le Conseil National Professionnel- Fédération Française d'Infectiologie proposent une page regroupant différentes ressources ici.

Douleur :

La SFAR et la SFETD (Société Française d'Étude et de Traitement de la Douleur) proposent des recommandations sur les AINS dans le cadre du COVID ici.

Urgences :
Les Société Française de Médecine d'Urgence (SFMU) & Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française (SPILF) proposent des recommandations sur la prise en charge des patients Covid-19, ou suspects, en structures d’urgence (Mars 2020) ici.

Pédiatrie :
Propositions de la société française de néonatalogie et de la société française de pédiatre concernant les nouveaux nés dans le contexte d’épidémie à COVID-19 : ici.

Informations spécifiques aux pharmaciens

Belatacept
La spécialité pharmaceutique à base de belatacept peut être dispensée, jusqu'au 31 mai 2020, par les PUI autorisées à délivrer des médicaments au public, pour garantir les traitements d'entretien du rejet de greffon des patients adultes ayant reçu une transplantation rénale. La PUI délivre, sur la base de la prescription hospitalière, la spécialité pharmaceutique et fournit un protocole d'administration du traitement ainsi que les autres prescriptions médicales nécessaires à la prise en charge du patient à son domicile. La spécialité pharmaceutique est prise en charge par l'assurance maladie avec suppression de la participation de l'assuré et est facturée aux organismes d'assurance maladie sur la base de son prix d'achat par l'établissement de santé. Sur la base de la prescription médicale, l'administration de la spécialité pharmaceutique est réalisée par un infirmier au domicile du patient dans le respect du protocole d'administration du traitement fourni par la PUI (décret du 2 avril).

Dispensation du Paracétamol et des AINS :
Afin de garantir leur disponibilité, à partir du 18 mars 2020, les pharmaciens pourront délivrer sans ordonnance 1 seule boite de paracétamol (500 mg ou 1g) par patient ne présentant aucun symptôme, ou 2 boites (500 mg ou 1g) en cas de symptômes (douleurs et/ou fièvre). La vente sur Internet des médicaments à base de paracétamol, d’ibuprofène et d’aspirine est suspendue. Toute dispensation, même sans ordonnance, devra être inscrite dans le Dossier Pharmaceutique (plus d'informations : site de l'ANSM - arrêté du 17 mars 2020).
 
Règles de bon usage du paracétamol :
- Prendre la dose la plus faible, le moins longtemps possible
- Respecter la dose maximale par prise, la dose maximale quotidienne, l’intervalle minimum entre les prises et la durée maximale de traitement recommandée (3 jours en cas de fièvre, 5 jours en cas de douleur, en l’absence d’ordonnance)
- Vérifier la présence de paracétamol dans les autres médicaments (utilisés pour douleurs, fièvre, allergies, symptômes du rhume ou état grippal)
- Alerter les populations particulières (-50kg, insuffisance hépatique légère à modérée, insuffisance rénale sévère, alcoolisme chronique…)

Renouvellement exceptionnel de traitement chronique par les pharmaciens (officine, PUI, prestataires de service et distributeurs de matériels) :
Un arrêté autorise les pharmaciens à renouveler une ordonnance expirée dans le cadre d'un traitement chronique jusqu'au 15 avril 2020. La délivrance peut être assurée pour une période ne pouvant excéder 28 jours, elle est renouvelable jusqu'au 15 avril 2020. Les pharmacies d'officine ainsi que les PUI réalisant une activité de rétrocession sont concernées (dont médicaments sous ATU pour les PUI). Le pharmacien est tenu d’informer le médecin de cette délivrance exceptionnelle. (Arrêté du 14 mars - Arrêté du 17 mars 2020 - Arrêté du 19 mars 2020 - Arrêté du 23 mars 2020).
- Les pharmaciens d'officine peuvent renouveler, dans le cadre de la posologie initialement prévue, la délivrance des médicaments contenant des substances à propriétés hypnotiques ou anxiolytiques, à condition que ces médicaments aient été délivrés au patient depuis au moins trois mois consécutifs. La délivrance ne peut être assurée pour une période supérieure à 28 jours. Elle est renouvelable jusqu’au 15 avril 2020. Le pharmacien en informe le médecin.
- Dans le cas d'un traitement de substitution aux opiacés d'au moins trois mois à base de méthadone (gélules, sirop ou comprimés), lorsque la durée de validité de la dernière ordonnance est expirée et afin d'éviter toute interruption de traitement préjudiciable à la santé du patient, les pharmacies d'officine dont l'officine est mentionnée sur la prescription peuvent, après accord du prescripteur, dispenser, dans le cadre de la posologie et des modalités de fractionnement initialement définies par le prescripteur, un nombre de boîtes par ligne d'ordonnance garantissant la poursuite du traitement. La délivrance peut être assurée pour une période ne pouvant excéder 28 jours, y compris pour la méthadone sous forme de sirop. Elle est renouvelable jusqu’au 15 avril 2020.
- Médicaments stupéfiants ou relevant du régime des stupéfiants : lorsque la durée de validité de la dernière ordonnance est expirée et afin d'éviter toute interruption de traitement préjudiciable à la santé du patient, les pharmacies ayant préalablement dispensé ces médicaments au patient, peuvent, avec l'accord écrit du prescripteur, dispenser, dans le cadre de la posologie et des modalités de fractionnement initialement définies par le prescripteur, un nombre de boîte par ligne d'ordonnance garantissant la poursuite du traitement. Le prescripteur peut assortir l'accord écrit d'une nouvelle prescription, s'il estime nécessaire une adaptation de la posologie. La délivrance peut être assurée pour une période maximale de 28 jours.

Délivrance de médicaments de rétrocession en officine :
Lorsqu'un patient est dans l'impossibilité de se déplacer dans les locaux de la PUI pour se procurer un médicament : la pharmacie d'officine proche de son domicile de son choix transmet par voie dématérialisée une copie de l'ordonnance à la PUI qui a procédé au dernier renouvellement du médicament. La PUI procède à la dispensation, la facturation et la préparation du traitement (emballage qui garantit la confidentialité du traitement et la bonne conservation), avant de le confier à un grossiste répartiteur en capacité d'assurer, dans les meilleurs délais, la livraison du médicament à la pharmacie d'officine désignée. Le pharmacien d'officine délivre le médicament sur présentation de l'ordonnance. Il appose sur l'ordonnance le timbre de l'officine et la date de délivrance. Une copie de l'ordonnance timbrée et datée est adressée en retour à la PUI (arrêté du 23 mars 2020).

Paracétamol injectable :
Les spécialités pharmaceutiques à base de paracétamol sous une forme injectable peuvent être dispensées dans le cadre de leur AMM, jusqu'au 15 avril 2020, par les PUI, sur présentation d'une ordonnance émanant de tout médecin portant la mention “Prescription dans le cadre du covid-19”, pour permettre la prise en charge de la fièvre et de la douleur des patients atteints ou susceptibles d'être atteints par le virus SARS-CoV-2 et dont l'état clinique le justifie (Décret du 28 mars 2020). Lorsqu'un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes dispose d'une PUI, celle-ci peut se procurer la spécialité auprès de l'inductriel ou auprès d'une PUI d'un établissement de santé.

Rivotril® :
Le Rivotril® sous forme injectable peut faire l'objet d'une dispensation, jusqu'au 15 avril 2020, par les pharmacies d'officine en vue de la prise en charge des patients atteints ou susceptibles d'être atteints par le virus SARS-CoV-2 dont l'état clinique le justifie sur présentation d'une ordonnance médicale portant la mention “Prescription Hors AMM dans le cadre du covid-19”.
Lorsqu'il est prescrit en dehors de l'AMM, le médecin se conforme aux protocoles exceptionnels et transitoires relatifs à la prise en charge de la dyspnée et à la prise en charge palliative de la détresse respiratoire, établis par la société française d'accompagnement et de soins palliatifs (Décret du 28 mars 2020).

TROD angine :
Il est demandé aux officines de ne pas effectuer de TROD angine pour ne pas inciter les personnes infectées à venir en officine pour des symptômes possiblement en lien avec le COVID19 (information).

Plaquenil (hydroxychloroquine) en officine :
Plaquenil est inscrit sur la liste II des substances vénéneuses. Il doit être dispensé que sur présentation d’une ordonnance, et uniquement pour les prescriptions initiales émanant des rhumatologues, internistes, dermatologues, néphrologues, neurologues et pédiatres et les renouvellements d’ordonnance émanant de tout médecin (site de l'ANSM - Décret du 25 mars - fiches info patient et professionnel de santé dans le traitement de la maladie COVID-19 à l’hôpital à titre exceptionnel).

Kaletra et son générique (lopinavir/ritonavir) :
Ils doivent être dispensés sur présentation d’une ordonnance, et uniquement les prescriptions initiales hospitalières et les renouvellements d’ordonnance émanant de tout médecin, comme habituellement (site de l'ANSM - Décret du 25 mars - fiches info patient et professionnel de santé dans le traitement de la maladie COVID-19 à l’hôpital à titre exceptionnel).

Hydroxychloroquine et association lopinavir/ritonavir dans le cadre de la COVID-19 :
Pour l'utilisation hors AMM de l'hydroxychloroquine ou de l'association lopinavir/ritonavir chez des patients atteints de COVID-19, le décret du 25 mars 2020 prévoit une prescription, dispensation et administration de ces médicaments dans les établissements de santé qui prennent en charge les patients et la possibilité de poursuivre le traitement à domicile, si l'état du patient le permet et sur autorisation du prescripteur initial.Dans cette situation, la dispensation et la facturation de ces traitements sont assurées par les PUI. En cas de poursuite du traitement à domicile, le médicament est délivré dans le cadre de la rétrocession, avec une prise en charge à 100 % par l'Assurance maladie.

Risques relatifs à l’auto-médication (AINS, corticoïdes…) et traitements habituels :
Réseau Français des Centres Régionaux de Pharmacovigilance et le département de Pharmacologie du CHU de Bordeaux ont réalisé un site afin de permettre aux patients d’obtenir une réponse claire sur les risques relatifs à l’auto-médication (AINS, corticoïdes…) et ses traitements habituels ici.
Retrouvez les questions/réponses de la Société Française de Pharmacologie et de Thérapeutique, en partenariat avec le Réseau Français des Centres Régionaux de Pharmacovigilance , le Collège National des Enseignants de Thérapeutique et le Collège National de Pharmacologie Médicale ici.

Solutions hydro-alcooliques (SHA) :
Désormais, les solutions hydro-alcooliques peuvent être préparées par les pharmacies d'officines et les PUI, en cas de rupture d'approvisionnement (arrêté du 6 mars - arrêté du 13 mars 2020 - arrêté du 23 mars 2020)

Le renouvellement d'ordonnances par les infirmiers est élargi jusqu'au 15 avril :
Lorsque la durée de validité d'une ordonnance prescrivant des soins infirmiers est expirée et afin d'éviter toute interruption de traitement préjudiciable à la santé du patient, l'infirmier peut poursuivre dans les conditions prévues par la prescription initiale plusieurs types de soins et ce jusqu'au 15 avril (arrêté du 1er avril).

Informations et conseils :
L’Ordre des pharmaciens actualise régulièrement sur son site Internet des foires aux questions pour vous aider à gérer cette situation exceptionnelle à l’officine et en PUI ici.
La SFPC vous propose une sélection d’outils validés pour votre pratique pharmaceutique ici. Une équipe dédiée actualise quotidiennement cette rubrique afin d’être au plus proche des évolutions des recommandations cliniques.

Certification V2020 :
Les actions de mesure de la qualité et de la sécurité des soins dans les établissements de santé sont reportées dans le contexte de crise sanitaire liée au coronavirus : visites de certification, recueil d'indicateurs et lancement de la V2020 (site de la HAS).

Approvisionnement en médicaments et dispositifs médicaux

L’approvisionnement en nombreux médicaments et DM nécessaires pour assurer la prise en charge des patients en réanimation est soumis à de fortes tensions. C’est le cas pour les curares, hypnotiques, anesthésiques et sédatifs, pour lesquels la demande mondiale a explosé, atteignant parfois les 2000 %.
Il est probable que ces tensions d’approvisionnement dureront plusieurs mois, au-delà de la fin prévisible de la crise sanitaire française, en raison d’un niveau de demande qui risque d’être durablement élevé au regard de la cinétique épidémiologique mondiale.

Recensement des stocks par les établissements pour permettre des redéploiements :
Il est demandé aux établissements de procéder à un recensement exhaustif de leur stock pour chacune des molécules nécessaires à la prise en charge des patients en réanimation, notamment la cefotaxime, le cisatracurium, le midazolam, la noradrénaline, le paracétamol, le propofol, la spiramycine et le sufentanyl.
Cette visibilité sur les stocks permettra aux ARS de procéder à des redéploiements entre établissements de leur région en cas de perspective de rupture de stock au sein d’un établissement. Ce n’est que lorsque les possibilités régionales auront été exploitées, que l’échelon national interviendra.
La notion de « seuil critique » pour les stocks détenus par les PUI correspond désormais à 10 jours de consommation, au lieu de 15. Les PUI qui disposent d’un stock > 10 jours pourront être mises à contribution par les ARS.

Déploiement national d’une plateforme de suivi des stocks des PUI (maPUI) :
Ces mécanismes de régulation, nationaux et régionaux, à partir des stocks résiduels ou des stocks d’Etat, nécessitent de disposer d’une visibilité précise sur le niveau des stocks de chaque établissement. Le déploiement envisagé de l’outil sur l’ensemble du territoire national répond à cet objectif.
Pour le territoire métropolitain, le calendrier de déploiement prévisionnel s’étend du 2 au 8 avril selon les régions.

Utilisation des traitements et alternatives possibles dans le cadre de la PEC des patients en réanimation :
La DGS a réuni des praticiens, des sociétés savantes et des établissements afin d’échanger les réflexions d’optimisation de l’utilisation des traitements. Des documents de synthèse ont été réalisés pour proposer :
- L’optimisation de l’utilisation des thérapeutiques en période de crise sanitaire (document AP-HP) ;
- Les préconisations sur les curares en réanimation (document HCL / COMEDIMS / MAR / MIR) ;
- L’utilisation des médicaments injectables-Quelles possibilités pour limiter l’utilisation des PSE ? (CHU Lille et SFPC);
- La compatibilité entre les médicaments injectables administrés en Y (HUG);
- Les conseils pour ventiler un patient en insuffisance respiratoire aigüe avec un respirateur d’anesthésie (SFAR).

Utilisation des médicaments des postes sanitaires mobiles :
Dans le cadre de la pénurie de certains produits de santé notamment les médicaments utilisés pour la sédation et la curarisation des patients Covid-19 nécessitant une prise en charge en réanimation, l’utilisation des PSM2 est autorisée dans les conditions suivantes:
Absence d’alternative en termes de disponibilité des produits de santé à court termes;
Conservation à minima d’un lot polyvalent opérationnel en cas d’accident majeur. Dans les établissements de santé disposant d’un PSM 1 unique, le lot polyvalent doit être conservé opérationnel. Seule est autorisée l’utilisation des produits de santé des autres lots polyvalents quand l’établissement en dispose de plusieurs (cas de plusieurs PSM1 dans le même établissement de santé).

Les surblouses à usage unique peuvent être retraitées pour être réutilisées :
Dans le contexte actuel d’utilisation massive des surblouses et afin de faire face au risque de pénurie, la société française d’hygiène hospitalière (SF2H) a rendu un avis concernant la possibilité de réutilisation des surblouses à usage unique : Avis de la SF2H.

Utilisation de médicaments à usage vétérinaire :
En cas d'impossibilité d'approvisionnement en spécialités pharmaceutiques à usage humain, des médicaments à usage vétérinaire à même visée thérapeutique, de même substance active, de même dosage et de même voie d'administration, peuvent être prescrits, préparés, dispensés et administrés en milieu hospitalier. La liste de ces médicament, leurs principes actifs et leurs conditions de préparation et d'emploi sont fixées par l'ANSM et publiées sur son site internet (page de l'ANSM - liste du 3 avril).
Ces médicaments sont utilisés suivant ces conditions particulières d'emploi pour un patient, au vu de son état clinique. Leur utilisation doit être inscrite dans le dossier médical du patient. Les médicaments figurant sur cette liste peuvent être fournis et achetés par les collectivités publiques auprès des fabricants et distributeurs. Le recueil d'informations concernant les effets indésirables et leur transmission à l'ANSM et au CRPV sont assurés par le professionnel de santé prenant en charge le patient. Les hôpitaux des armées, l'institution nationale des Invalides et les structures médicales opérationnelles relevant du ministre de la défense déployées dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire sont également considérés comme des établissements de santé (décret du 2 avril).

Substitution des DM :
En cas de rupture avérée d'un DM nécessaire à la continuité des soins d'un patient dont l'interruption pourrait être préjudiciable, le prestataire de services, le distributeur de matériel ou le pharmacien d'officine délivrant peut substituer le DM indisponible par un autre DM ayant un usage identique, disposant de spécifications techniques équivalentes, inscrit sur la LPPR et n’entrainant pas de dépenses supplémentaires pour le patient et l'assurance maladie.
Cette substitution est subordonnée à l'accord préalable du prescripteur et à l'information du patient. Le pharmacien, le prestataire de services ou le distributeur de matériel porte sur l'ordonnance une mention précisant le nom du DM délivré, sa marque ainsi que son numéro de série et de lot (arrêté du 1 avril).